Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

De 1975 à nos jours/ les flux migratoires ...Que veut dire « acceptable et équitable pour la société » ?

par Les hirondelles 5 Juin 2010, 06:52 Dossier VN après 1975

 2

 

    À partir du milieu des années 1970, les flux migratoires se réduisent considérablement. Seuls les étrangers concernés par le regroupement familial et les demandeurs d’asile ayant obtenu le statut de réfugié sont autorisés à s’installer en France. La transformation du marché du travail et la persistance d’un chômage structurel de longue durée rendent peu plausible un nouveau recours à l’immigration de masse. Néanmoins, le vieillissement de la population et les besoins en main-d’œuvre dans certains secteurs particulièrement déficients, tels le bâtiment, les travaux publics ou l’hôtellerie, incitent les pouvoirs publics et les entreprises à se tourner vers les travailleurs étrangers, au-delà des pays frontaliers. En 2001, l’Europe accueille 1,2 million d’immigrants. C’est plus que les États-Unis et le Canada réunis.

 

L'élargissement géographique

« La part des Européens s’amenuise (...). Parmi les autres continents d’origine, l’Afrique est celui qui croît le plus (...). Il s’impose à la fin du siècle comme le principal pourvoyeur d’étrangers. Jusqu’en 1975, l’Africain était surtout un Algérien. Ensuite les nationalités se diversifient et débordent le cadre de l’ancien empire colonial français.
L’Asie contribue également à l’élargissement géographique : réfugiés de l’ex-Indochine, du Liban, du Kurdistan d’Irak, travailleurs turcs, réfugiés sri-lankais, tout récemment Tadjiks et Pachtounes d’Afghanistan. L’Asie est le seul continent dont le pourcentage continue d’augmenter après 1990. (...)
Malgré le nombre accru de nationalités présentes (plus d’une centaine aujourd’hui) et leur origine de plus en plus lointaine, le pourcentage d’étrangers n’a dépassé celui de 1931 (...) qu’à un seul recensement, celui de 1982 (...). Depuis il lui est inférieur (...). L’élargissement géographique s’accompagne d’une diversification extrême, tant des lieux de départ que des parcours migratoires et des projets de migrants, certains d’entre eux ne faisant que transiter dans l’hexagone. Nous pouvons parler d’une France-monde, de même que d’une Europe-monde. »
Janine Ponty, L’immigration dans les textes, France 1789-2002, Éditions Belin, 2003, p. 365.

 

a1

Marseille mars 1988, arrivée du ferry boat " Le Liberté" en provenance d’Alger © Jacques Windenberger / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration, CNHI

 

Les émigrants turcs

L’immigration turque présente des histoires d’immigration très différentes. Aux immigrants économiques des années 1970 ont succédé des réfugiés politiques venus demander asile après le coup d’État militaire de 1980. Les Turcs constituent le groupe immigré le plus important en nombre de l’Union européenne et présent dans le plus grand nombre de pays de l’Union. 3 305 000 Turcs vivent à l’étranger dont 2 858 000 dans l’Union européenne. 56% vivent en Allemagne, 24% en France.

 a2

Les réfugiés du Sud-Est asiatique

L'exil des Boat-people commence en 1975. De 1975 à 1985, 110 000 réfugiés du Sud-Est asiatique sont accueillis en France.
a3

 

« Le drame des Boat-people, celui des rescapés des massacres par les Khmers rouges ont bouleversé l’opinion. Les immigrés du Sud-Est asiatique bénéficièrent a priori d’un préjugé favorable et l’OFPRA les gratifia tous du statut de réfugié – cas unique à si grande échelle. Des œuvres humanitaires, souvent religieuses, les prirent en charge : le père Gilles est allé trente fois en douze ans visiter les camps de repli en Thaïlande afin de permettre aux membres d’une même famille de gagner la France et de se retrouver. »
Janine Ponty, L’immigration dans les textes, France 1789-2002, Éditions Belin, 2003, p. 369.

 

Les émigrants africains

Les problèmes économiques et politiques qui affectent l’Afrique sub-saharienne dans les années 1980 et 1990 provoquent, depuis plusieurs régions du continent, des flux qui tentent d’emprunter le canal de la demande d’asile politique. L’aire de provenance de ces flux s’élargit considérablement, incluant des pays qui n’ont pas eu de liens coloniaux avec la France, comme le Zaïre, le Ghana, l’Angola, le Cap-vert, mais qui vivent la désintégration du pouvoir en place ou la violence des guerres civiles.

  • Que veut dire « acceptable et équitable pour la société » ?

Il s'agit ici de lutter contre la pauvreté. Dans une société dans laquelle on déclare que les hommes naissent et demeurent inégaux en droits, la pauvreté est admissible, c'est le cas des sociétés fondées sur les castes par exemple. Dans une société où l'on dit que tous les hommes naissent libres et égaux en droits (déclaration des droits de l'homme), la pauvreté est une toxine à l'harmonie sociale et à l'éthique. Elle n'est pas acceptable et elle rend les sociétés instables, violentes et donc non durables!

dd 05
Copyright Herblot, G - Yemen- Motopompe - Cirad

La pauvreté aboutit souvent à la révolte et les révoltes répétées aux révolutions. Si les révolutions sont des mécanismes qui permettent aux sociétés de se rénover, il existe cependant d'autres alternatives moins destructrices : les réformes. Mais hélas, les sociétés préfèrent généralement laisser pourrir des situations, plutôt que de générer le consensus nécessaire aux réformes.

Jusque là, ce sont l'Europe, et surtout la Chine et l'Inde qui ont indiscutablement battu tous les records de densité de populations. Les Européens les plus pauvres ont commencé à partir vers le Nouveau Monde à partir de ce basculement de l'histoire qu'a été 1492, date de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. L'Inde et la Chine ont, bien sûr, connu des migrations au sein de l'Asie mais les populations sont principalement restées à l'intérieur de leurs frontières. Aussi, l'Asie est-elle le continent qui connaît les plus hautes densités de population, les plus hauts niveaux de pauvreté, et des niveaux élevés de pression sur les ressources naturelles. Tandis que les Européens se sont répandus vers d'autres espaces (Amériques, Australie, Afrique australe) au détriment parfois d'autres civilisations.

  

  • L'émigration peut-elle être encore une solution ?

dv 2
Migrants économiques dans les années 1990

Si l'ampleur des flux migratoires n'atteint pas les sommets des grandes migrations d'autrefois, les mouvements sont intenses et les itinéraires compliqués. Il y en a de l'Amérique Latine vers les Etats Unis, et d'une partie, de l'Afrique et du Moyen Orient vers l'Europe, de l'Asie du sud-est vers l'Australie, de la péninsule indienne vers les Etats-Unis via l'Europe... Mais au lieu d'encourager (ou de ne pas décourager) les migrations humaines, on peut songer à organiser « la migration de la prospérité » vers les populations en développement par des processus de redistribution. C'est un élément clé d'un développement durable planétaire futur.

 Michel Griffon

Suite: Cite nationale de l'histoire de l'immigration

 

 

commentaires

Haut de page