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Deux Français parmi les lauréats de la médaille Fields

par Les hirondelles 23 Août 2010, 05:58 VietKiêu

Baochau 
Les Français Ngo Bao Chau (université de Paris-Sud) et Cédric Villani (Institut Poincaré) posent avec leurs médailles, jeudi à Hyderabad, en Inde. Crédit photo : AFP/Noah SEELAM

Considérée comme le «Nobel des mathématiques», cette récompense est la 11e pour notre pays sur 52 décernées. 
  À la suite des athlètes et des nageurs, deux Français ont de nouveau décroché l'or. Ces distinctions concernent cette fois des prouesses réalisées grâce à leur matière grise. Ce sont en effet deux jeunes mathématiciens français qui ont jeudi décroché leur médaille Fields, souvent présentée comme le «Nobel des mathématiques». Cédric Villani, 36 ans et Ngo Bao Chau, 38 ans, ainsi que l'Israélien Elon Lindenstrauss et le Russo-Suédois Stanislav Smirnov (quatre lauréats, tous les quatre ans), ont jeudi reçu la prestigieuse récompense, des mains de la présidente indienne, Pratibha Patil, à l'ouverture du Congrès international des mathématiciens 2010. Ce dernier réunit plus de 3000 chercheurs du monde entier, jusqu'au 27 août à Hyderabad, au centre de l'Inde. Cette médaille en or, portant à son recto le portrait du mathématicien de l'Antiquité Archimède, a une valeur d'un peu plus de 10.000 €.

Nicolas Sarkozy et François Fillon ont félicité les deux Français, tout comme la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, qui a estimé que ces récompenses «illustrent une fois encore l'excellence de la recherche française en mathématiques». Sur les 52 médailles Fields décernées depuis 1936, onze sont allées à des Français, ce qui place notre pays au deuxième rang après les États-Unis (13).

Les deux lauréats sont tous les deux «tombés dans les mathématiques» dès leur plus jeune âge. Cédric Villani, né en 1973 à Brive-la-Gaillarde, avait pourtant des parents littéraires et n'a «jamais discuté de maths avec eux». C'est un prof en 3e qui a suscité sa vocation. Après avoir eu 20 en maths au bac, il suit des classes préparatoires, dont il estime que «si le système français est si performant sur la scène internationale, c'est en grande partie grâce à elles». Après l'École normale supérieure (ENS), il dirige aujourd'hui l'Institut Henri-Poincaré (IHP) à Paris, dédié à l'accueil et aux rencontres de chercheurs français et étrangers.

Comme toujours, les énoncés «bruts» de leurs travaux restent mystérieux aux profanes. Ainsi, Cédric Villani a été récompensé pour des travaux portant notamment sur «l'amortissement de Landau» et «les équations de Boltzmann». «En fait, explique-t-il, ces équations décrivent le comportement de gaz et de plasmas et tentent d'expliquer leur écoulement et leur comportement. Je suis ainsi, par exemple, à l'extrémité la plus théorique de ceux qui travaillent sur le futur réacteur à fusion nucléaire (Iter).» Une autre partie de ses travaux porte, du côté pratique, sur l'optimisation et la gestion des transports.

Communauté réjouie

Pour sa part, Ngo Bao Chau, né en 1972 à Hanoï d'un père physicien et d'une mère médecin, naturalisé français en 2010, a pu obtenir, grâce à ses impressionnantes capacités en mathématiques, une bourse pour étudier à l'université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI). Il passe lui aussi par l'ENS, puis soutient une thèse à l'université Paris-Sud. Il y enseigne depuis 2005, a été détaché à l'Institute for Advanced Study de Princeton et enseignera à partir de septembre à l'université de Chicago. C'est la quatrième médaille Fields que le laboratoire de mathématiques d'Orsay (Université Paris-Sud 11-CNRS) obtient.

Il a reçu la médaille Fields pour sa démonstration, en 2008, du «Lemme fondamental», une conjecture formulée en 1987. Il s'agit de travaux consacrés à la théorie des nombres qui établit des relations entre deux domaines distincts des mathématiques, l'arithmétique et la théorie des groupes. Ils ont été cités en décembre dernier dans le magazine Times «comme l'une des dix plus belles découvertes de l'année».

Toute la communauté mathématique française s'est réjouie de ces deux nouvelles médailles Fields, que ce soit bien sûr à Paris-Sud, à la Fondation sciences mathématiques de Paris, à l'Institut des hautes études scientifiques (IHES), à l'Institut des sciences mathématiques et leurs interactions (la nouvelle structure du CNRS) et dans les autres structures universitaires. La France reste bien une terre de mathématiques. Mais à quand une femme médaillée?

Jean-Luc Nothias (Le Figaro)
Revoir:
La réussite scolaire dans la communauté Vietnamienne...Sur fond de débat sur l'identité nationale ...

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