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La Corée du Nord provoque son voisin chinois

par Les hirondelles 9 Juin 2010, 22:32 Asie

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Des soldats nord-coréens en patrouille sur la rivière Yalu, à la frontière chinoise. L'incident meurtrier entre les deux pays a fait monter la tension d'un cran. Crédits photo : AP

En tuant trois Chinois à sa frontière, le régime de Pyongyang risque de s'aliéner son seul allié. 
  
   

   Les choses s'enveniment entre la Corée du Nord et son parrain chinois. En pleine escalade régionale déclenchée par le torpillage de la corvette sud-coréenne Cheonan, le régime stalinien a fait monter d'un cran les tensions en déclenchant un incident meurtrier sur sa frontière avec son principal allié, la Chine. Les gardes-frontières nord­-coréens ont abattu trois ressortissants chinois et blessé un quatrième, la semaine dernière, aux alentours de la ville frontalière de Dandong. L'épisode sanglant a été révélé mardi par Pékin, qui est sorti de sa réserve habituelle pour adresser une plainte solennelle à Pyongyang.

«La Chine attache une grande importance à cette affaire», a prévenu, menaçant, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, en annonçant l'ouverture d'une enquête. Les victimes auraient été accusées de s'adonner à des activités commerciales illégales, dans cette région qui sert de plaque tournante aux échanges avec le «royaume ermite», dont la Chine absorbe 80 % du commerce extérieur.

Pékin est à bout 

Un dérapage qui porte à leur paroxysme les tensions croissantes au sein de l'alliance entre les deux régimes communistes. Et risque d'isoler un peu plus Kim Jong-il, à l'heure où il fait face à une nouvelle offensive diplomatique internationale, déclenchée par l'affaire du Cheonan. Après l'attaque à la torpille contre cette corvette sud-46 morts, le nouveau coup de sang de Pyongyang confirme la fuite en avant du régime. Au risque de faire basculer son principal allié, la Chine, dans le camp adverse. Alors que Pékin s'est gardé jusqu'ici de soutenir la demande de sanctions au Conseil de sécurité de l'ONU déposée par Séoul, sa réponse outrée à l'incident frontalier montre que sa patience est à bout. «La réaction de la Chine montre qu'elle est décidée à faire pression sur Pyongyang», estime Ha Tae-kyung, président d'Open Radio For North Korea.

Un facteur immédiatement perçu par les États-Unis, qui ont retardé ce week-end une démonstration de force militaire en mer Jaune pour laisser un espace à la diplomatie. Et aider Pékin à franchir le pas. Depuis le dernier essai nucléaire nord-coréen en mai 2009, les relations entre les deux alliés communistes se détériorent. Pékin a stoppé son appui politique et économique inconditionnel à son turbulent voisin. Le mois dernier, la visite de Kim Jong-il en Chine a tourné à l'aigre et le dictateur a écourté son séjour d'une journée, agacé par les admonestations de son grand frère rouge.

Le «cher leader» semble concentrer son énergie sur les préparatifs de sa succession au profit de son troisième fils, Kim Jong-eun, âgé de 27 ans. Et la stratégie de tension aux frontières pourrait être une façon de renforcer l'appui de la population et des élites à la succession dynastique, avancent les experts. Lundi, Kim Jong-il a posé un nouveau jalon en promouvant des fidèles de la famille à des postes clés.

Alors que le premier ministre technocrate était limogé, le beau-frère de Kim, Chang Song-taek, a été élevé au poste de vice-président de la Commission nationale de défense, l'organe clé du régime. Chang est considéré comme le «parrain» de l'héritier, lequel suit une formation accélérée et seconde désormais son père au quotidien. «Il est impliqué dans toutes les décisions majeures et est déjà, de facto, le no 2 du régime», affirme Ha Tae-kyung, qui s'appuie sur des informateurs à Pyongyang.

  Par Sébastien Falletti

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