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Le dernier clip "insoutenable" de la Sécurité routière

par Les hirondelles 7 Juin 2010, 22:26 VidéoReportage

 securite
1Très réaliste, le court métrage laisse le spectateur en état de choc. Trash? Efficace? Que pensez-vous de cette nouvelle campagne de sensibilisation?
 

Dimanche 6h. Une femme se réveille en sursaut. Devant sa porte, un homme en uniforme regarde le sol, immobile.
Samedi 20h. On se retrouve entre potes. On se chauffe pour la soirée, qui s'annonce arrosée . Elodie, Claire, Laura, Julien, Yannis et Fred ne le savent pas encore mais ils vont vivre l'insoutenable.

 

C'est un clip viral de cinq minutes pensé pour les jeunes. "Insoutenable", le nouveau film de la Sécurité routière, est exclusivement diffusé sur Internet à partir de ce lundi 7 juin.

L'histoire, banale, est celle d'un groupe de jeunes éméchés qui prend le volant pour aller en boîte de nuit. Toute l'originalité du court-métrage tient à sa réalisation. Monté dans le désordre, le film jongle entre des jeunes en train de boire, une mère en pyjama et un policier porteur de mauvaises nouvelles. Le puzzle laisse le spectateur en état de choc.

Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes ainsi que des personnes non averties

 

Hyperréaliste, le film emprunte quelques références au genre "gore". "J'ai remarqué que les films d'horreur les plus marquants sont ceux qui témoignent d'un drame familial, explique le réalisateur Stéphane Barbato. Ce film est le témoignage frontal et réaliste des effets considérables d'un banal accident de la route", conclut-il.

Par Julie Saulnier

DECRYPTAGE - Un sociologue et un psychologue jugent la dernière campagne à destination des 18/24 ans...

Une vidéo «insoutenable». Mais surtout une campagne de prévention routière au format inhabituel, à destination des jeunes. Des images chocs et crues. Un scénario ultra-réaliste, sans artifices, le tout en 5 minutes, une durée infiniment plus longue que les spots habituels. Normal, il n'est destiné qu'au Web, et ne sera donc pas diffusé à la télé.

«Les jeunes générations sont davantage sur le Net que devant la télé», relève David Le Breton, professeur de sociologie à l'université de Strasbourg joint par 20minutes.fr. Le public ciblé (les 18/24 ans) ont délaissé la lucarne magique au profit de la grande Toile. C'est donc bien sur cette dernière que la vidéo a le plus de chance de trouver son public. Mais quid de l'efficacité du message? «Difficile à dire, les jeunes n'ont pas tous la même sensibilité», répond le sociologue.

«Culture gore»

«Ce n'est jamais simple de mesurer l'impact des images choc sur les jeunes», prévient de son côté Christophe Allanic, psychologue contacté par 20minutes.fr. Pour ce spécialiste des conduites à risque, «elles peuvent induire un effet pervers en suscitant une sorte de fascination qui risque d'inciter à adopter le comportement qu'on veut éviter». Les jeunes sont d'ailleurs familiers de «la culture gore», estime David Le Breton.

D'autant que le spot est davantage construit comme un court-métrage que comme une message de prévention. La longueur, cependant, n'est pas un obstacle pour Christophe Allanic: «La vidéo est construite de telle façon qu'elle capte le spectateur, qui a envie de la regarder jusqu'au bout». David Le Breton juge même qu'il est intéressant «de rompre avec les codes qui veulent qu'un spot ne dure que 30 secondes».

«La meilleure prévention se fait au sein de la famille»

«La même scène est vue à travers plusieurs regards», note par ailleurs Christophe Allanic. Ce qui permet au jeune spectateur de «se décoller, de prendre de la distance par rapport à la situation décrite», d'autant que «la scène ne s'arrête pas au choc de l'accident, mais montre la réalité après coup». Le message pourrait donc bien passer.

Mais pour le psychologue, «la meilleure prévention se fait au sein de la famille». Car si les adolescents sont influençables, «un jeune qui arrive à dire "non", c'est un jeune a qui on a appris à le faire». Pour David Le Breton, «aucune campagne n'est efficace à 100%, mais les images crues sont sans doute plus efficaces que les discours lénifiants et démago».

Julien Ménielle

Entre 2001 et 2008, le nombre des tués sur les routes de France a baissé de 48%. Ainsi, par rapport à l'année 2001, 4000 vies sont sauvées et 60000 blessés sont épargnés par an.

La réduction du nombre des accidents entraîne une économie annuelle de 7,5 milliards d'euros pour la collectivité nationale. Ce résultat remarquable est dû à la décision, prise au plus haut niveau de l'Etat en juillet 2002, de faire de la sécurité routière une priorité nationale. Cette décision, correctement relayée par les médias, a conduit les Pouvoirs Publics à mener une politique résolue en vue de faire respecter la loi sur la route.

La mise en œuvre de cette politique s'est traduite tout particulièrement par la mise en place, dès octobre 2003, du système de « contrôles-sanctions automatisés » des excès de vitesse, par un meilleur ciblage des contrôles d'alcoolémie, et par la fin des « indulgences », l'excès de vitesse et l'excès d'alcool ayant depuis longtemps été identifiés comme étant les deux causes principales d'accident grave (en 2007, l'excès d'alcool est encore responsable de 1 250 morts, l'excès de vitesse de 900).

Réduire encore fortement le nombre des tués (4 274 en 2008) d'ici à 2012, est un objectif accessible. Il exige le renforcement de la politique engagée en 2002. L'objectif de moins de 3000 tués en 2012 mettrait notre pays au niveau des meilleurs de la classe européenne. Pour l'atteindre, il nous paraît nécessaire d'amplifier la politique de sécurité routière dans le cadre d'un plan cohérent, diversifié et déterminé de prévention.

C'est pourquoi la Ligue contre la violence routière propose un ensemble de mesures concernant tous les facteurs qui peuvent intervenir dans la survenance ou la gravité d'un accident. Ces mesures concernent les usagers (pour une amélioration durable de leur comportement), les infrastructures routières (pour qu'elles soient mieux adaptées aux capacités des usagers), les véhicules enfin (pour que leurs performances soient compatibles avec le respect du code de la route). Pour des raisons pratiques, ces mesures seront étalées dans le temps, mais les Pouvoirs publics doivent se donner comme objectif de les mettre en œuvre dans les cinq années à venir.

 

Incroyable... mais vrai

 

 

 

 

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